- nom: Moelo
- prénom: Olivia
- nom d'artiste: Olivia Moelo
- adresse: Espace Contemporain 41 place castelli
- ville: Fréjus (83600)
- téléphone:
- portable: 06 50 65 81 93
- fax:
- activité: peinture, plasticien, sculpture
- style: abstrait, inclassable
- matériau: acier, matériaux divers, résine
"Art contemporain"
"Le chaos peut être organisé, structuré en non-chaos, ça nous le savons de Jackson Pollock"
Eve Hesse
Mon travail est fait d'installations dans l'espace avec prolifération de fils qui tombent, se croisent, s'emmêlent jusqu'à constituer un "corps" flottant dans l'espace.
Cela revisite l'un des thèmes de la mythologie grecque, le mythe de Pénélope, qui, pendant les 20 ans d'absence d'Ulysse, résista en usant de ruse aux demandes en mariage des prétendants, remettant sa réponse au jour où elle aurait terminé la toile qu'elle tissait; Chaque nuit, elle défaisait le travail de la veille.
Ce qui m'a intéressé par rapport à ma démarche sur la répétition du même geste, c'est la notion de "tisser" une toile. Créer , construire un élément dans un espace architectonique que je m'approprie et que j'efface et que je remplis telle l'araignée qui tisse sa toile... L'espace devient scluptorique. Mon travail se fait un situ par rapport à une idée, une envie qui prend place.
Ce jeté de fils implique un jeu de hasard où il n'y a pas vraiment de règles à part lancer du fil dans le vide. Ce fil de laine est langueur, métaphore d'un des éléments les plus sexués du corps féminin, la chevelure, qui tombe et ruisselle.
Et ce corps ruisselant déborde, prend de l'ampleur et devient cocon ou prison suave, un corps ruisselant et sexuel comme un orgasme mais aussi étouffant, lourd.
Le spectateur est attiré, et rentre dans l'installation ou déambule dans un univers clos, intime où se mélangent toucher, visuel, odeur, sons et vidéo.
Les fils qui ruissèlent me donnent support à peindre. La peinture ruisselle, se mélange, se rejette, et coule, il y a là aussi la répétition du même geste, laisser couler, faire couler encore et encore jusqu'à ce que cet univers créé se fond avec les installations de laines et ne deviennent qu'un. On reprend puis refait couler, la goutte devient tache, elle prend ses aises ou se rétracte. Il y a le fait de ne se fixer aucune règle hormis celles édictées par le hasard, et, par le recouvrement mécanique de la surface de la toile, le tout sans pinceau, afin d'affirmer une attitude résolue de retrait vis à vis de l'acte de peindre et conséquemment de la peinture. Position que j'entends tenir dans ma relation avec la peinture.
Il y a un mélange systématique de tout ce que je trouve sous la main et qui peut intervenir dans mon travail afin de donner un résultat que j'estime intéressant. La résine, les vernis et liants sont utilisés pour déformer la tache, la laisser agir seule.