- nom: Nicollet
- prénom: Gérard
- adresse: 15 chemin des ormilles pont de crau
- ville: Arles (13200)
- téléphone: 04 90 96 17 78
- portable:
- fax:
- activité: collage
- style: art brut, art singulier, expressionnisme, imaginaire, onirisme, portrait
- matériau: glycéro, gouache, matériaux divers, métal, objets, pigments, récupération, technique mixte, textile
"La Langue de la Rouille"
Nés des poubelles et de l’ordure, les « collés » des chemins de traverse ont les yeux ouverts sur un monde à part, et en même temps si proche. Contre les murs, ils posent et dansent en silence devant l’objectif de nos regards, semblant dire : « Notre vie ne tient qu’à quelques fils de fer usés, qui lient et retiennent nos anatomies recomposées ».
L’érosion qui les gagne est la même que celle qui s’entête à l’ombre des ponts et des tunnels, dans les décharges sauvages, le long des routes communes. C’est là que prospèrent les éléments épars de leurs visages et de leurs corps : boîtes de conserve rouillées, vieux tissus, canettes écrasées, composants électroniques, capsules métalliques, bouteilles plastique et squelettes de montres.
Leur peau se teinte de toutes les nuances subtiles de la dégradation, inventant au fur et à mesure de sa naissance un tendre et singulier vocabulaire : la langue de la rouille.
Cette langue n’a pas de mots pour s’exprimer. Juste des bouts de rien, du laissé, de l’abandonné, de l’oublié. Tout ces petits objets dont les « jeteurs » ne veulent plus, dont ils se sont défaits sans même y songer, en oubliant de penser à l’après, à ce qui arrive lorsqu’ils ne sont plus là pour voir ce qui se passe sur la terre, près des bas-côtés du monde.
De cette langue natale surgissent des formes et des habits inédits, en perpétuelle transformation. A travers l’incessante corrosion des métaux, la vie circule en dessous, continuant à insuffler du mouvement à ces corps de rebuts.