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Mohamed Kahouadji

  • nom: Kahouadji
  • prénom: Mohamed Eric
  • nom d'artiste: Mohamed Kahouadji
  • adresse:  
  • ville: Angers (49000)
  • téléphone:  
  • portable:  
  • fax:  
Visuel sur l'artiste
  • activité: graffiti, peinture, plasticien
  • style: animalier, art singulier, conceptuel, figuratif, imaginaire, inclassable, mixte, onirisme, pop art, portrait, surréalisme, symbolisme
  • matériau: acrylique, aquarelle, encre, glycéro, matériaux divers, pigments, plastique, résine, sable, technique mixte, toile, plexiglas

"peinture contemporaine"

Mohammed Kahouadji Ou l’humanisme Pop

L’œuvre de Mohammed Kahouadji oscille entre l’humour et l’ironie. Jouant sans cesse avec les personnalités mythiques qui nous hantent – rock stars, hommes politiques, héros de dessins animés, ces peintures ne sont jamais de simples caricatures, ni moins encore la reproduction mécanique d’un état de fait. Quelque chose comme un élan d’amour les traverse ; comme une envie de guérir les plaies même du Pop Art et de prendre contre-pied le cynisme de sa démarche. Et si, à l’instar de ce que voulu faire la Figuration Narrative avec l’objet manufacturé, la peinture Pop retrouvait ici sa part d’humanité, et par là même, le sens de sa vocation ?
par Frédéric-Charles Baitinger
Enfant chéri de son époque, l’artiste est toujours le fils de la culture qu’il reçoit. Mais c’est en tant que fils, aussi, qu’il se saisit des images et des valeurs qu’on lui donne, et qu’il les juge à son tour ; affirmant contre elles sa puissance propre. Ni tout à fait servile, ni vraiment indépendante, l’imagination de Kahouadji épouse les formes qu’elle contemple, tout en leur donnant la valeur d’un symbole ou d’un archétype.
Que ce soit dans sa toile « When we were kings », ou bien encore dans cette autre intitulée « Laissés sans défense », différents niveaux de sens et de narrations se superposent, forçant ainsi le spectateur à s’interroger sur l’idée même qu’il pensait pouvoir se faire de l’image. Quelque chose résiste à l’interprétation littérale, sans pour autant que le sens implicite de chaque toile en soit contaminé.
Dans une atmosphère hallucinée, un zèbre aux couleurs acidulées, broute (ou bien alors lèche-t-il ?) les parties nobles d’un lion, lui-même couché sur le dos, et comme saisit d’un ronronnement d’extase. Comment décrire une telle ambiguïté sans renoncer au principe qui articule notre langue : le principe de non contradiction ? Ou bien alors – cette ambiguïté foncière de l’image – serait-elle justement ce qui distingue la peinture comme art de tous ces faux prétendants : le graphisme, la publicité, et plus largement encore, tout ce qui relève de la communication ?
Une chose est sûre : sans ce flottement insigne, sans cette polysémie latente qui hante chacune de ses toiles, l’œuvre de Kahouadji perdrait son sens et sa force d’impacte. Toujours construites de manière à susciter l’étonnement, ces œuvres représentent le seul et véritable antidote contre les mauvais effets que ne cesse de produire notre société du spectacle.
A rebours de tous les signes univoques qui ont progressivement envahis nos villes, la peinture de cet artiste est dialectique, au sens où ses compositions ne sont jamais simples, ni directement lisibles ou compréhensibles sans un effort de notre part. C’est pourquoi, nous serions tentés d’attribuer à Kahouadji cette maxime : la valeur d’une peinture se mesure au nombre de contradictions internes qu’elle connote. Toute image qui n’est pas construite autour d’un tel paradoxe n’est qu’une pâle copie d’une pensée morte.
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