- nom: Marie
- prénom: Lamarche
- adresse:
- ville: Strasbourg (67000)
- téléphone:
- portable: 06 24 00 49 35
- fax:
- activité: installation, performance, plasticien, vidéo
- style: art singulier, conceptuel, naif
- matériau: matériaux divers
"Arts Plastiques"
Où est le lieu de l’art ? Dans le tableau, dans l’atelier ou le décor, dans le musée ? Où surgit-il, devient-il, se met-il à exister, où poursuit-il son existence ? Peut-il se perdre, se défaire, ou au contraire se vivifier ?
« Goaken », expo/expression/session/obsession, joue sur les lieux et les codes. Plasticienne et performeuse, Marie Lamarche pose l’existence d’une « science ésotérique » (la Goaken) et de découvertes récentes à son sujet ; recyclant les techniques de gravure, le travail de l’image numérique, les discours anthropologiques et l’apport littéraire du Réalisme magique, l’artiste travaille à la redéfinition-création d’un imaginaire païen, questionnant ainsi notre rapport au mythe, à l’affect et au rationnel.
Par le biais de cette double mise à distance du discours – mythologique et religieux d’une part, scientifique et psychanalytique de l’autre – les objets et supports de Marie Lamarche acquièrent une réalité indépendante, comme un lieu qui leur serait propre – le lieu, justement, d’un art qui serait perdu, peut-être à retrouver.
Le spectateur est ainsi convié à une vivifiante représentation de ses représentations, à une mise en évidence des « squelettes signifiants » que sont, par exemple, la forme de la conférence ou le texte explicatif ; dans le même temps, et avec la douloureuse délicatesse qui marque ses travaux précédents (« Les quidams », 2004-2008 ; « La femme-totem », avec la danseuse Emilie Maurel, 2009 , les performances avec le collectif des barbares 2010) Marie Lamarche expose et révèle, comme à contre-jour, la part de réalité et de transcendance que les mots, les mythes et les rites ne peuvent pas – ou plus – prendre en charge.
En représentant un « imaginaire imaginé » en inventant de toutes pièces et non sans humour une nouvelle/ancienne mythologie, Marie Lamarche suggère à la fois la perte du sens et la nécessité de cette perte – en poète pratique et pratiquante, elle se perd et nous perd consciemment.
Pour mieux nous retrouver – pour mieux retrouver le « nous » de l’humanité en ce qu’elle a de plus sauvagement civilisé.
Février 2011 , Manu Causse