- nom: Berredjem
- prénom: Atef
- nom d'artiste: Lagoumina
- adresse: cité oued fourcha bnol: 07 N:135
- ville: Annaba (Algerie)
- téléphone: 0776598131
- portable: 0776598131
- fax:
- activité: collage, dessin, graffiti, peinture, photographie, plasticien, sculpture
- style: abstrait, portrait
- matériau: acrylique, huile, plastique, technique mixte, textile
"arts plastiques"
Quand il ne comprenait pas quelque chose, Henry de Toulouse Lautrec faisait toujours un dessin pour tout comprendre. C’est le contraire qui m’arrive toujours ; quand je ne comprends pas une chose, dessiner m’enfonce encore plus dans l’incompréhension, ce qui me pousse en permanence à en dessiner davantage.
Cette incompréhension des hommes, de leurs nature, et de leurs actes, se trouve et comme par hasard, au cœur de ma recherche, si ce n’est pas elle-même son l’objet.
Et toutes les deux se sont fixées définitivement rendez vous dans mes figures. Ces figures qui, parfois me passionnent, parfois me torturent, mais quoi qu’il en soit, elles me permettent toujours de vivre ce voyage qui m’emmène de l’extrême tension au terrible soulagement de mes sens, et de mes sensations. Il faut seulement qu’il y ait à chaque fois cette incompréhension que je ne veux surtout pas comprendre, juste pour que ça recommence à nouveau et pour toujours.
A chaque recommencement, je pleure, je rie et je dessine, pour découvrir avec fadeur que mon esprit ne peut se détacher et ne peut se libérer de cet emprisonnement du trait et de la figure, qui s’imposent à moi comme les seules et uniques certitudes de mon acte et qui s’avèrent a chaque nouvelle figure plus immuables que jamais.
Au commencement, j’ai parlé de l’incompréhension qui me sépare et qui m’éloigne toujours plus de ce qui n’est pas moi .et qui est ironiquement la base même de mon acte. En fait, ce que je n’arrive pas à comprendre de ce que font les autres, j’essaye de me l’expliquer vainement dans ce que je peins. Paradoxalement, nous sommes devant ce qu’il y a de plus lyrique et de plus tentant à voir ; Nous-mêmes.
Ainsi, mon acte aurait accompli sa mission, partant de moi-même, pour la contourner avant de l’atteindre, le tout formant une fresque où je ne suis qu’un pauvre ignorant de son monde .Que je n’espère guère comprendre, tan que je dessine et je «figure», et tout ça me plait et me rend souriant.
Concept et idée de ma demarche:
Dans toute cette évolution effrénée et aveugle de la civilisation humaine nous impliquant tous sans exception dans une maudite et interminable course vers la modernisation, la technologie avec tous ses aspects devient de loin l’un des instruments majeurs d’organisation et de structuration du processus existentiel de l’homme, qui ne fait que le redessiner à sa propre image, mécanique, insensible, et biologiquement programmé à s’auto satisfaire en toute indifférence et égoïsme.
Comment alors ne pas se sentir appartenir à une espèce qui tombe jour après jour prisonnière entre ses propres mains .Et qui la façonnent en ce triste changement progressif et irréversible dont est victime cette malheureuse espèce : la race humaine.
Ce que je veux dire par là, c’est que plus l’homme évolue spirituellement et avance techniquement, plus il s’éloigne de ce qu’il fut au tout début de son existence, cette créature simple, pure et angélique, dénudée de tout artifice mais devenue avec le temps complexe et abstraite en s’entourant de tout ce qu’elle a créé comme inventions ce, après qu’elle soit venue sans rien en ce monde.
L’homme n’est donc plus que le simulacre de lui-même, condamné à ce sinistre destin dénaturalisateur et corrupteur de son idée première, l’humanisme.
En fait, en voyant tous ces hommes qui se disputent continuellement matière, espace et idées, dans le tourbillon dramatique qu’engendre cette rivalité agressive et souvent meurtrière, on ne peut que constater la métamorphose effectuée par l’homme qui n’est plus homme, mais bien un monstre qui aurait accompli parfaitement toutes les phases de son évolution génétique et morphologique, aboutissant ainsi a une créature très différente de celles de la mythologie grecque, par ce qu’il s’agit cette fois d’un monstre bien réel et non imaginaire.
De part sa nouvelle condition, l’être humain nécessite une redéfinition de sa très respectable personne, qui soit plus en adéquation avec son actuelle situation. La où il connaît sa mutation en cette étrange entité dotée d’un magnifique visage dont il faut sans doute fixer les traits.
« C’est alors que je me suis livré à ce devoir passionné de cristalliser cette nouvelle physionomie, en offrant un plus juste portrait de ce qui me trouble et me concerne le plus, moi-même, nous-mêmes ».
Ces dernières paroles reflètent pleinement et parfaitement la vrais essence de ma peinture, c'est-à-dire, le concept de ma demarcche picturale.
C’est seulement à ce moment là que tout est devenu si clair et si limpide, que tout a une raison d’être ou plutôt que tout doit être, têtes, figures, portraits ; tous proviennent de la même source et apportent la même substance qu’ils conservent jalousement. Il ne s’agit pas donc là d’une quelconque substance, c’est notre propre réalité ( subjective ) qui se donne en images révélant ce qu’il y a de plus profond et de plus caché en nous. Le tout, vu sous un certain angle, évidemment celui, ou je suis le seul portraitiste.
Présentation de mes creations picturales:
A la lecture de ces considérations relatif à l’homme quiconque pourrait en déduire que ma démarche plastique, en particulier picturale serait en conséquence typiquement expressionniste. Effectivement, elle consiste en la traduction formelle de mes propres sentiments existentiels et qui sont souvent mélancoliques et tristes.
Une conséquence directe et logique du jugement que je tire de mon expérience personnelle de l’existence, des relations humaines et de la vie en général. En tous les cas, mon acte ne peut que mettre toujours en avant tous ces sentiments et émotions qui ne cessent d’envahir mes peintures, occupant l’essentiel de ma production artistique. Elle est d’ailleurs l’ultime refuge où viennent s’abriter ces états d’âmes n’espérant de la sorte qu’apparaître au regard de ceux qui ont en besoin. Offrant à chaque apparition une nouvelle figure, inévitable échafaudage dont aucune de mes représentations n’est parvenue à s’en débarrasser.
Cet échafaudage de la figure est donc à l’origine de tous ces portraits qui déferlent inlassablement sur mes peintures. Il est leur structure vitale sans laquelle, tout contact émotionnel avec l’humain ne serait possible. Dans ce contexte ma peinture ne peut que revendiquer la figure humaine comme langage officiel, et ne jurer que par sa déformation.
La figure humaine se trouve alors au centre de toutes mes préoccupations artistiques, comme vous l’avez certainement compris. Cela s’explique par mon attachement et ma passion aux être humains d’une part, et par les questionnements et les incompréhensions qu’ils provoquent en moi.
Il est vrai qu’une telle situation est pour le moins controversée, étant aussi attiré que désintéressé par la même chose. Personnellement, c’est les portraits que je peins qui me fournissent toutes les réponses nécessaires pour comprendre ce paradoxe. Du fait qu’ils se veulent la synthèse intermédiaire rassemblant à la fois ceux qui souffrent et ceux qui font souffrir. Ceux qui donnent du mal et ceux qui en reçoivent.
L’homme est l’auteur de son propre calvaire, semble être le credo de mes portraits. Ils doivent se situer donc au juste milieu, entre la cruauté et l’innocence. Ils doivent tout simplement me permettre d’illustrer simultanément ce qu’il y a de plus humain et de plus monstrueux chez l’homme. Cette double fonction expressive de mes figures explique l’attitude ambiguë et impassible de ses derniers. Cela dans la mesure où elles respectent cette règle de représentation qui consiste à croire que tout être violent est avant tout un être souffrant. D’où l’allure inexpressive et imprécise de mes portraits qui seraient ni mélancoliques ni joyeux, ni bons ni méchants, ni humains ni monstres. Et si je devrais me prétendre un génie artistique, ce serait certainement de pouvoir assurer cette neutralité à chaque figure.
Toutefois il m’est apparu nécessaire de mettre un peu plus de lumière sur certains points de mon travail, jugés plus au moins particuliers et personnels. Ces éclaircissements seraient relatifs à l’absence de ma signature sur mes œuvres, de même qu’à l’utilisation du jeans introduit dans certaines mes peintures comme support plastique au même titre que la toile classique.
Je m’abstiens toujours de signer mes toiles pour diverses raisons dont je citerai quelques unes:
- Signer une toile c’est se l’approprier pour soi tout entière illégalement. C’est là l’un des actes les plus égoïstes qui soient, vu le nombre de personnes ayant participé de près ou de loin à sa réalisation au même titre que moi. Collaborant chacun de son côte et à sa manière à assurer tous les conditions favorables à l’élaboration de mes peintures où je ne suis finalement qu’un simple « finisseur » d’un très long processus collectif de réalisation. Ce processus aurait commencé en fait avec les mineurs anonymes travaillant dans les mines de charbon, d’où les fusains utilisés pour les desseins d’ébauches. Ensuite, c’est la toile sélectionnée pour l’exécution de l’œuvre, choisie essentiellement pour sa bonne qualité. Le fruit d’une longue tradition familiale héritée de génération en génération et perpétuée dans la manufacture de textile d’où provient justement ce support primordial. On peut citer aussi le fabricant de la peinture, le menuisier réalisateur du châssis de bois,…..etc. Bref, dans une œuvre d’art on est tout, sauf les seuls réalisateurs. Alors, au lieu d’y mettre la signature de toute une liste de personnes, je préfère ne pas signer du tout.
- La deuxième raison pour laquelle je laisse mes peintures dépourvues de signature, réside en ma conviction personnelle q’une vrai signature n’est nullement le nom de l’auteur transcrit dans un des quatre coins de l’œuvre. Une signature serait plutôt l’œuvre en elle-même qui se voit l’affirmation ultime et pleine de mon nom. Dans mon cas, ma signature est donc l’effort créatif et physique consenti durant la réalisation de l’œuvre. Naturellement, l’œuvre en elle-même une fois finie et tirée jusqu’au bout de sa logique et même, le plaisir qu’éprouve le spectateur devant mes peintures. Tout cela, signifie pour moi ce que j’appelle signer une œuvre.