- nom: Malla
- prénom: Keshav
- nom d'artiste: Keshav Malla
- adresse: 17. Allée Darius Milhaud
- ville: Paris - 19eme (75019)
- téléphone: 01 42 02 42 16
- portable:
- fax:
- activité: art postal, gravure, installation, peinture, photographie, plasticien
- style: abstrait
- matériau: acrylique, gouache, huile, papier, pastel, toile
"L'abstrait non figuratif"
Un imaginaire fécond
De son Népal originel, Keshav Malla a conservé le souvenir ému d'un environnement priviligié, les ondoiements suaves et changeants des vallées couronnées de cimes enneigées, le goût des contrastes lumineux, les savants tissages d'un artisanat encore préservé, et certains emblèmes de l'alphabet Sanscrit. Autant d'él'éments que l'on retrouve en filigrane dans son itinéraire pictural. Pourtant, son exil parisien, après des études d'art a l'Académie du Népal, poursuivies et enrichies à l'Ecole National Supérieur des Beaux Arts de la capital francaise, l'oriente vers d'autres horizons, mais sans le désinvestir vraiment de la culture et de l'esthétique transcendantale de son pays au loin.
Au commencement figuratif, il reçoit le choc de l'art occidental, et aborde progressivement l'abstraction en usant d'un geste coulé, dont les passages glissés et les modulations texturielles, jouent avec les réserves et les éclats chromatiques, à partir d'une organisation justement maitrisée. Puis, cultivant l'esprit de sacrifice, il décante ses supports et fragmente ses formes jusqu'à les délester de leur fluidité antèrieure, suivant un ordonnancement stratifié, mitoyen d'une géométrisation du champ.
Toutefois, la géométrie n'est pas pour lui une finalité, mais un moyen de cerner l'essentiel. Aussi, porté par son tempérament plus lyrique que formel, il se déleste du carcan trop rigide de l'art construit, et renoue avec une écriture de pure effusion, connotée par des réminiscences du règne naturel, où se profile une interprétation personnelle du "paysagisme abstrait". Alors, sur papier canson, sur toile flottante ou sur chassis, à l'acrylique, à l'huile ou par le biais de techniques mixtes, il donne libre cours à son rejet de la ligne droite, en émaillant ses compositions de myriades de signes et de taches, de mouchetages et de griffures, de légères déflagrations et de moirures, qui unissent leurs écarts et leurs rapprochements dans la même houle fédératrice.
Concentrée ou evasée, creusées de large estuaires ou resserrées en bandes colorées horizontales, totémiques, trapézoidales ou triangulaires, ses surfaces ourlées de nuances diaphanes ou opaques, de masses gazeuses ou de plages lacunaires, foisonnantes ou dépouillées, campent des atmosphères mouvantes et sobres, qui nous entraînent bien au-delà de leur perception sensitive immédiate. Car ses oeuvres à la fois intimes et à l'écoute du monde, conçues de formes inventées, participent d'un imaginaire fécond.
Retenue et effervescente, la peinture de Keshav Malla ne s'est jamais départie de sa cohérence, et en surplomb, de son harmonieuse spiritualité.
Gerard Xuriguera
Paris, Juin 2002
Le hasard d’une bourse amène Keshav Malla à découvrir la France. Dans cet occident alors insolite pour lui, le peintre « divague », libre, à travers les diverses expressions picturales de la culture européenne.
De la confusion naît l’illumination de la découverte de son écriture personnelle. Du chaos surgit la création d’un langage original.
Pour ce Népalais, façonné par l’hindouïsme, toute création part de rien, part du vide. Le nirvana c’est partout et c’est nulle part, c’est le vide. Les formes font vivre le vide et le vide les fait vivre, elles s’en vont et s’en viennent.
Tout est dit ou presque. Les deux dénominateurs communs de l’art de Keshav sont posés : le vide et le mouvement.
L’abstraction s’impose à lui. « Je n’ai plus besoin de la forme figurative, seulement d’images non définies, en mouvement. Ce mouvement, la sensibilité des hommes le captera ».
Paradoxe : le vide chez Malla donne un sentiment de plénitude.
Il est plein de nuances colorées. La couleur y est énergie, espace et forme. « La couleur, c’est de l’énergie et l’énergie, c’est de la couleur. La couleur c’est ma vie » dit-il. L’intensité chromatique est lumineuse. L’efflorescence des jaunes, la flamboyance des roses , les bleus liquides nous révèlent un orient fabuleux. L’artiste recherche l’harmonie entre la couleur et la forme, l’espace et la matière.
Par l’élan de la spiritualité, l’Homme est à part entière fils du ciel et de la terre. Le vide nous renvoie à la douceur et à la force du cosmos. La surface unifiée nous offre le calme, le repos. Le peintre persuadé de l’universalité de l’art nous donne à voir un instant de lumière divine. Par le regard sur l’œuvre, l’Homme se détache du matérialisme, il est là, immergé dans le moment présent comme dans une éternité solennelle. Arrêt sur image. La lumière qui sort de l’espace pictural est une lumière mystique.
La trame resserrée des touches telle une écriture cryptée, automatique, gestuelle, le syncrétisme des signes livrent un précieux recueil manuscrit.
Les occidentaux sont allés chercher à Katmandou une réponse à leur quête spirituelle. Par le médium de sa peinture, Malla invite à un autre pèlerinage, un voyage intérieur dont la réponse est en chacun de nous.
Annick Chantrel Leluc
Historienne de l’art
Paris- avril 2006