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Herrera Octavio

  • nom: Herrera
  • prénom: Octavio
  • adresse: 33 impasse de la chalouette
  • ville: Evry (91000)
  • téléphone: 01 60 78 45 76
  • portable: 06 64 48 69 33
  • fax:  
Visuel sur l'artiste
  • activité: plasticien, sculpture
  • style: abstrait
  • matériau: acier, acrylique, plastique, technique mixte

"artiste plasticien"

Res severa verum gaudium

Avec les travaux d’Octavio Herrera de ces dernières années, un nouveau représentant de la géométrie abstraite vient s’inscrire dans le groupe d'artistes qui ont jusqu'à maintenant exposé dans le "Treffpunkt Kunst". Par sa diversité, son œuvre est un exemple dans l'art contemporain.
En 1929 alors que le groupe d'artistes Cercle et Carré puis l’abstraction-création furent créés en France avec Michel Seuphor, l'artiste dont nous ouvrons l’exposition aujourd’hui n’était pas encore né. Non plus alors que Théo Van Doesburg remplaça le terme « abstrait » déjà utilisé dans l’art géométrique, par « concret ». Pourtant, justement cette période sera pour Octavio Herrera la source de son activité créatrice.
Ses racines se trouvent très loin en Amérique latine, à l’opposé de la direction de l’art d’avant-garde, à Campo Carabobo au Venezuela où Octavio Herrera a vu la lumière du monde en 1952.
De 1964 à 1970, il fait des études à Maracay, au Venezuela, dans une école d'art ayant comme matières principales la peinture, la sculpture et les arts graphiques.
Suivent plusieurs années durant lesquelles il explore la communication visuelle. Finalement, de 1974 à 1977, il travaille au Centre graphique "El Lago", dans l'endroit même où il avait fait ses études.
En 1977, Octavio Herrera quitte son pays natal, sa patrie aux nombreux paysages contrastés gravés par l’eau où jungle et savane se mêlent. Comme beaucoup d’artistes avant lui, il déménage à Paris afin de s’orienter dans un nouvel environnement culturel.
Là-bas, après la deuxième guerre mondiale, était apparu un nouvel art concret sur les idées constructivistes rattachées à l’Europe de l’Est, mais aussi sur la peinture et la géométrie du bâtiment. Paris détenait les tendances acceptées partout dans le monde, même en Amérique du sud.
De 1982 à 1989, Octavio Herrera appartient au cercle de Denise René, qui défend fortement l’art constructif et cinétique.
Il rejoint en 1990 le groupe MADI, fondé en 1946 en Argentine, autonome dans l’art abstrait et proposant différentes innovations. Il est reconnu à Paris depuis sa participation au Salon des Réalités.
De 1991 à 1997, notre artiste obtient le poste de professeur de sculpture dans l’université de Saint-Denis.
Aujourd’hui, Octavio Herrera vit et travaille à Evry, en banlieue parisienne.
Ses tableaux, reliefs et sculptures sont le résultat des études de ces 25 dernières années. Ils confirment une synthèse de l’héritage traditionnel et d'un plus moderne trouvé en France. Nous ressentons certainement cette notion d'appartenance dans l’orientation des tendances constructivistes de son travail. Ses racines, sont-elles la force, qui lui suggèrent toujours de nouvelles conceptions ?
Son travail se fait ressentir par ses origines, mais prend aussi de l’intérêt au niveau international. Il a exposé dans nombre de pays d’Europe, au Japon, mais aussi au Venezuela et dans d'autres pays de l'Amérique du sud. Aujourd’hui, pour la première fois en Allemagne, on peut le voir dans une exposition particulière « Treffpunkt Kunst ».
Qui contemple les travaux de cette exposition, ressent une impression d ‘assurance, d’ordre et de précision, mais aussi une sensation d’ouverture, de dynamique et d’une actualité universelle.
Octavio Herrera utilise la matière plastique pour ses tableaux et reliefs ainsi que l’acier pour ses sculptures qu’il a préféré aux matériaux traditionnels comme le bois, la pierre et le bronze. Herrera se sert d’une technique de décomposition des matières particulières, ce qui fait certainement que son œuvre agit d’une façon différente et si moderne.
Plastique et acier sont des supports idéaux pour les couleurs, lesquelles mettent en mouvement n’importe quelle surface plate, ce qui caractérise les travaux exposés ici. Les couleurs sont l’expression d’une discipline qui développe l’idée de formes dans les reliefs et les sculptures. La structure des surfaces apparaît de manière égale, mais entre le mat et le brillant il n’y a pas de changement.
Pour certains tableaux, la matière première est structurée de façon délicate. Pour certains reliefs, les formes de couleur se mêlent dans l’espace.
Les petites hauteurs et les creux légers font naître de doux mouvements alors que l’on sent vibrer et respirer la surface du tableau.
La couleur fortement diluée, souvent de l’acrylique, peut être apposée de façon égale sur du plastique ou sur de l’acier. Ainsi, le matériau en même temps qu'il gagne en simplicité est mis en valeur.
Libérée de toute obscurité la couleur gagne en luminosité et en intensité.
Ici, le bleu et le vert ne sont pas l’expression d’une riche prairie avec un ciel immaculé au-dessus, mais l’unité des couleurs neutres crée une atmosphère méditative. Un bas assez lourd, un haut plutôt léger ainsi qu’un léger mouvement des formes de l'avant vers l'arrière.
Octavio Herrera fait référence à une position déterminée par la réalité technique. Il compose sur le plan de la création, ainsi que sur le plan mental. Il organise et construit, mais il ne modèle pas ses reliefs et sculptures. Il puise ses idées dans l'architecture et le graphisme.
A travers son art d'organiser des surfaces de couleurs, fréquemment des rectangles et des trapèzes, plus rarement des triangles ou des segments de cercle, qui procurent au spectateur une expérience de temps, naissent des reliefs architecturaux.
Dans les reliefs descriptifs, l’espace de reliefs ne se trouve pas limité par des cadres. Les formes géométriques avancent vers le haut, vers le bas et latéralement à des distances inégales et dans différentes directions.
Elles conquièrent non seulement le mur, mais toute la pièce. Les constructions et les lignes descriptives trouvent leur limitation dans les cadres carrés.
L'échelle de couleur du travail couvre tout le spectre de notre monde moderne. Elle gère le rouge, le bleu, le jaune en différents mélanges, jusqu'au blanc, ainsi que le noir et l'argent dans des tons lumineux et foncés. Elle forme une décharge stricte et mystérieuse avec plusieurs niveaux, ressentis au niveau optique, effet déclenché par des lacunes avec le blanc et des gouffres profonds, avec le noir. Herrera transforme les formes de couleurs dans l’espace en mouvements visibles.
Josef Albers a étudié cela dans ses travaux tardifs. Dans « Hommage to the square », il examine de façon intensive le problème de la couleur, sa nature, les rapports entre les différentes couleurs.
Des lignes pleines de force et d'énergie pénètrent dans le calme du peu de formes, et offrent à l’expression du tableau une nouvelle dynamique. Avec les reliefs, les lignes prennent les couleurs de la raison, s'échappent du cadre et se déplacent en planant dans l’espace. Les arêtes supérieures, à distances égales, deviennent un ornement linéaire.
Sur la surface, on observe un jeu de couleur et de lumière, donnant naissance à un mouvement, comme partant sur des rails. Le jeu de ligne peut être ressenti plus fort par les couleurs, alors que le mouvement devient plus rapide.
Différents points de vue sont possibles, on voit simultanément sous plusieurs angles.
L'expérience d'un mouvement dans l’espace se perçoit d’une autre manière. Un espace s’ouvre entre deux formes, leur emplacement change, et tel deux corps stellaires, semblent quitter leur position originale. Le système commence à se désolidariser, comme un nid de lignes-couleurs, qui se maintient dans un élément dynamique.
La charpente des lignes qui s’entrecroisent est solide, tendu au-dessus ou entre l’espace de l’image où prend place la scène. Se déclinant en formes courbées en hémicycle, les lignes invitent également à une promenade méditative, pendant laquelle l’observateur chercherait à retrouver le début et la fin des formes, et se perdrait dans le système de lignes.
Comme pour les tableaux et les reliefs, les sculptures sur acier ou sur de la matière plastique prendront des formes n’existant pas dans la nature. Par la couleur, l'artiste modifie la surface de son matériel. Il l'utilise pour prendre la dureté à l'acier lumineux ou à la matière plastique du quotidien. Pour Herrera, il n'y a qu'un pas entre un espace plastique et les surfaces de couleur dans un espace réel, il le transpose ainsi dans ses reliefs descriptifs.
La dynamique que nous éprouvons dans ses images de reliefs se renforce. De minces barres en acier mises en forme de lignes se balancent énergiquement avec les formes compactes, exprimant une tension vivante.
Les mouvements poussent dans différentes directions. On pourrait l'exprimer avec les mots d’un enfant de 10 ans en contemplation devant une sculpture sidérurgique de Herrera, qui constaterait spontanément : « ça va vite ! »
Octavio Herrera fait partie de ces artistes qui se donnent le devoir de mettre en lumière ses travaux. Son langage est celui des couleurs et des formes. Et à travers le jeu de lumières étincelantes, nous percevons leur résonance pour notre plus grand plaisir.


Karin SCHEID
KARLSRUHE - 2002
afficher/masquer aide en ligne contextuelle Dernier message sur le forum le 24 mai à 13h52 : Nouveau site developpement méditations
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