- nom: Vequeau
- prénom: Emmanuelle
- nom d'artiste: Emmanuelle Vequeau
- adresse:
- ville: Lannion (22300)
- téléphone:
- portable:
- fax:
- activité: art textile, collage, création d‘objet, dessin, graffiti, illustration, installation, numérique, peinture, performance, photographie, plasticien, sculpture, vidéo
- style: abstrait, art brut, conceptuel, érotique, figuratif, imaginaire, inclassable, objet
- matériau: argile, bois, carton, cire, crayon, matériaux divers, numérique, objets, papier, platre, terre, textile, toile, verre
"Artiste plasticienne"
Je pique, couds, dessine, moule, remplis, parle, colle, enregistre, colore, coule, brode, photographie, filme, écris, danse, regarde, écoute, repasse, modèle, superpose, bouge, viellis, scrute, touche, travaille, dessine encore, beaucoup, avec un grand plaisir.
Annie Gouédard
A propos de l'oeuvre
"C'est une oeuvre du jouir, protéiforme, rabelaisienne, à l'imagination et à la fantaisie puissamment séductrice et séduisante.
Protéiforme, elle se compose d'une production arborescente d'installations, de sculptures, de dessins, de performances, où sont souvent alliés, dans les oeuvres tridimensionnelles toutes les pratiques, le trait, le photographique, les empreintes au plâtre, la vidéo, la broderie, la chorégraphie.
Rabelaisienne, elle est innervée d'allégresse, et de gourmandise, ponctuée de concentrés d'inventions verbales auxquels s'ajoutent du comique et de l'ironie légère, de la farce et du merveilleux, par le truchement de gigantesques avatars d'elle-même.
La crudité et la violence qui peuvent être dans les titres, dans la situation suggérée, ne le sont jamais dans l'oeuvre réalisée. Qu'elle représente le corps, ou qu'elle l'invoque, elle le magnifie, le transcende, tant par les matériaux utilisés que par le traitement précieux et méticuleux auxquels elle les soumet: les tissus sont des voiles découpés de tulle, de coton léger, les papiers sont fins, le velours et le taffetas s'embrasent l'un l'autre, les peaux de latex sont chaudes et parfumées, les broderies délicates, les résilles, les dentelles, les faux jours nous ramènent à la mémoire, un vocabulaire oublié.
La transparence est omniprésente, qu'elle sculpte le vide, la forme élidée d'un corps, qu'elle le serre et le comprime, le résultat est sans densité, il n'y a généralement pas occlusion, fermeture. Les écrans sont perméables et pénétrables et les formes sans bondes. Les enveloppes corporelles sont très rarement closes, trouées, percées, elles sont ouvertes de tous les orifices, traversées, enrichies par les expériences et les émotions, qui entrent et s'échappent, de soi à l'autre, de l'autre à soi, dans un mouvement d'énergie vitale ininterrompu.
Cette oeuvre où la dimension de l'intime est prééminente, échappe cependant au narcissisme, comme à tout égocentrisme. Car elle ouvre sur une dimension de l'autre, son regard sur soi appelle le regard de l'autre, elle met l'accent sur le passage du dedans vers le dehors, du soi au non soi. Dans l'espace entre l'intime et le public, où le corps ou ses substituts sont instruments de communication, elle se fait l'écho gentiment ironique et distancié des phrases toutes faites, des poncifs, des banalités, des préjugés communs, des derniers fantasmes qui courent dans l'air du temps.
Dans cette oeuvre qui n'a pas de clôture, il n'y a pas non plus de bords. Il n'y a pas de remplissage de l'espace puisque l'espace n'est pas arrêté et est expansible à volonté. A l'artiste d'ajouter, de rajouter au grand dessin en cours, des morceaux de papier blanc à investir ou pas, car c'est de l'espace encore, autant qu'elle en voudra, et de rajouter à l'installation, encore un élément, et pourquoi pas sous la jupe baroque de «Like a Grotesque Virgin», le pendant masculin de l'«Encoquetée», des animaux échappés du bestiaire fantastique moyenâgeux d'une chapelle voisine qui, cette fois, coulent, s'épandent, envahissent autant d'espace que la salle d'exposition le permet à l'artiste.
Aussi bien dans le temps que dans l'espace, il n'y a pas de limite, puisque les éléments constitutifs de l'installation, de la sculpture, sont fragiles et périssables et que, comme tout ce qui est organique, ils sont soumis à l'usure d'usage et du temps. Ils se réduisent, se transforment en autre chose, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien, mais d'autres formes ou les mêmes, ou presque les mêmes, réapparaîtront dans d'autres circonstances, d'autre contextes, pour investir, quand Emmanuelle Véqueau les réactualisera, à sa manière ludique et poétique, une nouvelle sculpture ou une nouvelle installation."