- nom: Riviere
- prénom: Denis
- nom d'artiste: Denis Rivière
- adresse: 10 rue erard
- ville: Paris - 12eme (75012)
- téléphone:
- portable: 06 12 52 81 61
- fax:
- activité: peinture
- style: réalisme
- matériau: acrylique, huile, pastel
"peintre de la figuration narrative"
La peinture est un monde complexe et riche où le mot ne pourra que castrer l’intention du peintre.
L’écrit est l’expression parfaite de la communication. Le mot a sa signification scientifique. Il est figé, codé et compréhensible par un maximum d’individus. Si par un manque de connaissances, on perd son sens, la lecture de livres spécialisés permettra de le retrouver. Mais peut-on ouvrir un livre pour comprendre les réactions des couleurs, des formes et des matières ! Non, car le moment qui se situe entre l’immatériel du concept et son existence visuelle est très court et appartient à une alchimie trop évanescente pour trouver l’équivalence verbale.
C’est vouloir rationaliser le non-dit, disséquer l’angoisse, décrypter ces mille picotements qui fourmillent sur le corps, analyser le vomi qu’est la création picturale.
Ce plaisir-désir est si raffiné qu’il se rapproche de l’acte charnel dans le sens érotique. Il est tout aussi vain d’expliciter la tension née de la vision du corps d’une femme, que les forces qui vous bousculent à vous faire naître un monde plastique.
La peinture n’est pas un art de la communication. C’est avant tout le moyen sublime pour mettre le voyeur en face de ses propres réalités. Elle agit comme un révélateur qui fixe dans l’instant le fragile équilibre de l’être.
L’hermétisme apparent des œuvres d’art n’a que faire des beaux discours. Il faut laisser de côté les oripeaux de la culture et des lieux communs qui s’y attachent pour me mieux se faire fouetter par le vent de la vie qui souffle dans la contemplation d’un tableau.
Denis Rivière. 1988
La petite histoire du sac-poubelle
Cet objet utilitaire par excellence est le reflet de notre société. Son rôle est de s’approprier tout ce qu’on rejette.
Il dévore tout ce que vous ne voulez plus. Il enfourne dans son ventre noir les restes des agapes de la société industrielle. La mort ne lui fait pas peur. Au contraire il vous propose de l’accueillir dans ses flancs. Parfois il est nécessaire de découper la Chose afin de la faire mieux pénétrer. Mais tout est bon pour le nourrir. Faites votre marché à Bagdad, vous trouverez de splendides sacs made in U.S.A. vastes et solides, ultime transport des boys. Continuez votre promenade en Bretagne, vous en verrez de jolis qui ont les panses pleines de galettes parfumées au mazout.
Certes, ces mêmes sacs sont utilisés à la collecte des déchets urbains. Mais c’est aussi le complément indispensable pour le migrant que la folie des hommes déplace sans valise. Il y accumulera à la hâte sa maigre vie, ses pauvres souvenirs et sa désespérance.
Il sert également à effacer de notre champ visuel et de notre mémoire tout ce que nous ne voulons plus. Tout ce qui pèse sur notre conscience et sur notre éthique.
On entasse tout ça et l’on repart pour de nouvelles aventures.
Maintenant tout est oublié. Ne reste plus sur le trottoir de notre civilisation contemporaine qu’une forme molle mal définie. De splendides feux de lumière habillent sa robe qui se teinte selon son exposition d’un bleu profond avec des effets de moire violacés ou verdâtres.
Quoi de plus séduisant pour notre œil blasé de consommateur postmoderne que cet habit qui prend des airs de fête suivant la lumière.
Bien sûr, il récupère tout ce qui doit disparaître du corps social comme l’Urinoir dont il est le prolongement, qui élimine les déchets physiques et artistiques.
Alors vous voyez bien que le sac est plastique !
Denis Rivière
Février 2007