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Collet Bernard Marie

  • nom: Collet
  • prénom: Bernard Marie
  • adresse:  
  • ville: Paris - 15eme (75015)
  • téléphone: 01 45 31 75 77
  • portable: 06 87 90 36 25
  • fax:  
Visuel sur l'artiste
  • activité: peinture
  • style: abstrait, figuratif, impressionnisme, paysage
  • matériau: acrylique, huile, papier, pastel, récupération, toile, papiers découpés et collages

"nature et histoire"

Peintures autour de la nature et de l'histoire.
Ma formation académique (Julian puis beaux-arts de Paris) m'a assoupli la main et affuté le regard. Puis l'amitié et le travail avec le peintre Orazi, dans les années 60 m'a fait découvrir l'expressivité que peuvent avoir les matières, les couleurs et les formes en dehors de toute représentation figurée. Apprendre à doser les pulsions des couleurs entre elles, les vibrations lentes et assourdies des bruns, la stridences des primaires, les profondeurs lourdes des noirs, la respiration fortes des blancs, et puis, le plus subtil, l'influençable disponibilité des gris. C'est une délicate alchimie où les balances devraient être fines pour pondérer échos et résonances. L'abstraction me fut ainsi une autre école. Mais peindre c'est aussi représenter, c'est-à-dire présenter à nouveau, présenter à partir de ce que l'on perçoit dans l'extraordinaire spectacle du monde créé. Spectacle où formes et couleurs s'émanent d'un ciel, d'un champ ondulant sous le vent, d'un visage entrevu, d'une silhouette qui passe. Formes et couleurs sont alors indissolublement liées à une réalité existante et sur la toile elles seront les seuls médiums pour l'évoquer. Pour moi peindre un paysage, un portrait, un événement est une façon de m'approprier ce qui m'est extérieur. c'est isoler un fragment du réel, et tenter qu'il puisse vibrer encore et autrement dans l'espace limité de la toile.  C'est alors qu'il faut manier les balances abstraites de l'alachimie pour approcher de l'équilibre ou harmoniser les vibrations colorées, un peu plus de telle teinte ici, adoucir cette autre là, ajouter peut être une oblique ici ou l'enfoncement de quelque noir ailleurs.  Léonard de Vinci, conseillait d'observer de très près quelque vieux mur pour y découvrir dans ses irrégularités des possibilités de paysages entiers. On peut inverser cette démarche et regarder un paysage, un visage, un ciel comme une somme de formes colorées sans autre signification que celles de leur vibrations propres, ou de leur "poids" respectif ou de leur localisation. Ma peinture se veut une représentation du réel en même temps qu’une simple présentation d’un plan coloré abstrait. Abstraction et figuration sont comme mes deux jambes de peintre. Et boiter,est inévitable, je m’appuie tantôt plus sur une jambe que sur l’autre. Source de diversité, de renouvellement, de découverte, d’avancées.
Peindre, c'est faire voir, c'est à dire agencer formes et couleurs dans un certain ordre sur une surface plane pour s'adresser au regard. Ce qui est peint ou dessiné ne doit pas avoir besoin de littérature pour exister, de verbalisation comme l'on aime dire aujourd'hui. Une toile, un dessin correctement élaboré doit pouvoir exister par lui même, avec ses seuls moyens plastiques. Le titre même, est déjà du bavardage. Il n'est utile que pour pouvoir nommer et donc distinguer les toiles les unes des autres, (ou encore apporter une précision : lieu, personnage, événement ).

Nature et histoire  
Nature ? c’est pour moi la permanence , la rassurante régularité des cycles naturels, peindre le bombement des collines, quelques buissons dans la fraîcheur des forêts, dessiner le gonflement des sèves aux nervures des feuilles, suivre du pinceau le lent gonflement d'un nuage, j'y exprime aussi ma nostalgie urbaine pour des espaces peu humanisés... 
Histoire ?   Dessiner quelques fragments de statues brisées ou quelques marches érodées au coeur d'un paysage végétal ce n'est pas pour moi un exercice académique, mais un hommage à ce qui fut et qui inexorablement se résorbe dans la vaste indifférence des cycles naturels. la sédimentation des temps. À la résonnance du mythe, pour nous évanouie, dont ces fragments antiques étaient le support, se substitue pour moi, pour nous, dans les cassures, les angles émoussés, les griffures, la conscience de l'effacement de ce qui a été et qui ne sera plus. Préfiguration de notre propre effacement. N’est-ce pas un moyen de conjurer l’angoisse ?
Là encore c’est de deux différences faire deux complémentaires.
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