- nom: Chaïbi
- prénom: Mounir
- adresse:
- ville: Les pavillons-sous-bois (93320)
- téléphone:
- portable: 06 28 35 04 11
- fax:
- activité: création d‘objet, installation, performance, plasticien, sculpture
- style: abstrait, érotique, figuratif, imaginaire, mixte, nu, surréalisme
- matériau: acier, bois, bronze, cire, marbre, matériaux divers, métal, pierre, plastique, platre, récupération, résine, terre, textile
"sculpteur plasticien"
Depuis vingt sept ans, il séjourne régulièrement en Toscane, où il fricote avec le carrare et l’albâtre, s’associe au travail d’autres artistes, enchaîne ateliers où il enseigne et ateliers où il apprend, ici ou là-bas. Après une échappée vers le design industriel, le voici calé définitivement dans la sculpture. Son atelier, toujours en voie de développement, abrite pêle-mêle de multiples créatures en gestation ou achevées, les fantômes de celles qui sont parties au gré des expositions. Sculpteur plasticien, il travaille différents matériaux. Il aime leurs couleurs et leurs essences. Il aime extraire de la matière les formes et les volumes, sans barrières ni limites… Tout au long de la réalisation, il essaie de conjuguer avec les contraintes du matériau.
C’est une grande dame, en pierre de Massangis, toute en vrilles, en volutes, en voiles, en vents, qui intrigue, depuis 2005, les passants de la rue Chardanne, au Près St Gervais, en Seine St Denis. La Mairie voulait un bol d’air pour cette trop sage rue piétonne…Mounir Chaïbi s’est envolé pour 2 mètres 10 de mystère, sculpté dans un bon vieux calcaire du crétacé inférieur…Voiles d’Orient, Vierge d’Occident, Gitanes enjuponnées ? Selon qu’on la déguste de dos, de face ou d’ailleurs, « Femméol » est multiple. Son visage sans traits prolonge le doute et laisse au badaud le soin d’imaginer…
Alors semi-figuratif, Mr Chaïbi ? Souvent, mais rien de systématique. Soit « Femtasme » », buste en pierre, projetant une femme-proue, d’une beauté nickel. Densité des seins, tensions des clavicules, flots des boucles. On est là face à une statuaire antique, où tout est dit. Quel rapport avec l’énigmatique dame du Près St Gervais ? Aucun, sauf ce goût de l’auteur pour la surprise, l’hétérogène, le multiple…Pour s’en convaincre, une simple rotation de 180° autour de la belle suffit : on découvre alors le monstre qui s’acharne dans son dos et explique sa curieuse posture.
Alors, champion du 2 en 1, Mr Chaïbi ? Souvent, mais le simple, le net, le direct, séduit aussi cet artiste bricoleur, bidouilleur, touche à tout, qui reconnaît sa difficulté à « nommer » ses créatures : « J’ai peur que cela fige ! ». Donc, à l’origine, jamais le Verbe ou l’Idée, mais toujours le Visible : les veines d’un noyer, les nuances d’un albâtre, les innombrables dessins qui s’accumulent depuis l’enfance. L’essentiel est dans la genèse. Sept ans pour cette « Femme pieuse », surgie tout doucement d’un bloc d’olivier. Au final, soixante quinze centimètres, travaillés au millimètre, et le fin visage d’une madone, à demi caché par une frange de bois drapé.
Autre histoire, autre aventure. « Dans un bar à Lille, un soir de déprime, j’ai dessiné toute la nuit une femme en train de se coiffer ». De ces esquisses, naîtra, beaucoup plus tard, « Houta », sorte de puzzle en bronze, curieux bas relief, où la légèreté des gestes de celle qui se coiffe s’amplifie de la lourdeur des seins oblongs.
Alors ? Sculpteur de femmes, Mr Chaïbi ? Très souvent, mais « Eau », décliné en bois, en laiton, en résine de fer, raconte un homme zen, aux yeux clos, et c’est bien sur un pénis que se referme cette main en stéatite…œuvre sans titre, celle-là, comme tant d’autres… On l’aura compris, Mounir aime les filiations, mais pas les collections. « Une sculpture va m’en suggérer une autre, m’ouvrir l’appétit, mais répéter la même avec un zeste de différence, c’est tuer l’œuvre précédente »
Claude Aubert, professeur de Lettres et directrice du Fugitif ST Mandé Muséum