- nom: Baillon
- prénom: Elisabeth
- adresse: 2 terrasse du Parc Villa Ampère
- ville: Paris - 19eme (75019)
- téléphone: 01 77 15 91 65
- portable: 06 31 08 63 13
- fax:
- activité: plasticien
- style: figuratif
- matériau: textile
"encres brodées"
Broder pour moi c’est voyager sur un tissu ! Pendant vingt ans le mien fut d’un noir profond. Au départ un dessin, net, précis comme une carte d’état major. De la machine brodante sort une chaînette de laine, route minuscule, aussi fine qu’un crayon, aussi agile qu’un pinceau. Toutes les formes seront entourées, labourées en rythmes concentriques. Circulation incessante ramenant chacune d’elles vers son noyau. Point par point sous ce réseau coloré la toile noire disparaîtra. La vitesse de la machine, son parcours alerte sur la toile entraînera toutes les rêveries vagabondes. Son bruit de petit tracteur couvrira tous les autres bruits, donnant à ma démarche la joie solitaire du coureur de fond.
Retour vers la toile, mais là, surprise ! Perdu le désir de lutter contre sa noirceur, perdue la volonté de le recouvrir de lumière. Partir cette fois-ci du blanc, en apprivoiser la blancheur d’hostie. Oser la tacher non sans remords et l’imbiber de jus et encres diverses. Cela déborde sans discipline et capillarise en douce dans votre dos. Mais le dessin surnage, il se construit ; puis il est gratté, ombré, griffé comme une sorte de tatouage à la plume. La chaînette entoure cette ossature, elle la borde et la brode de sa matière laineuse. Telle une bonne mer elle n’en recouvre plus la géographie intérieure.
"C’est d’abord le fabuleux travail de la matière. Obsédant. Ame patiente. Le cheminement de la machine qui laisse des traces, aller-retour on dirait sillons de laboureur, navette de tisseuse, infiniment humble et complexe.(…)"
Xavière Gauthier
"(…) Il y a du nuage dans ces plages, de la force dans ces articulations, du vent dans ce réseau aérien en forme de poumon. Il y a un œil rêveur derrière la femme joyeuse et le passé resurgit aujourd’hui, où la tendresse s’est armée. Les personnages d’il y a vingt ans, à l’œil innocent, recyclent les puissantes carapaces. Avec une machine à broder, de l’encre de Chine, une simple étoffe Elisabeth a inventé son propre langage artistique dans une liberté radieuse et radicale"
Ariane Grenon